Quels sont les types de risques à assurer pour une entreprise ?

Fabien

entreprise : les risques à assurer

Quand on crée ou qu’on gère une entreprise, on pense rarement aux assurances en premier. On pense au produit, aux clients, à la trésorerie. L’assurance, c’est souvent le dernier poste qu’on optimise, et le premier qu’on regrette d’avoir négligé le jour où quelque chose tourne mal. Les types de risques à assurer pour une entreprise sont nombreux, très variables selon l’activité, et certains sont obligatoires. Voici un tour d’horizon structuré pour y voir clair.

Les risques liés aux biens et aux locaux

C’est la catégorie la plus intuitive. Votre entreprise possède ou loue des locaux, du matériel, des stocks. Tout cela peut brûler, être inondé, vandalisé ou volé. L’assurance multirisque professionnelle couvre généralement l’ensemble de ces sinistres en un seul contrat.

Ce qu’elle inclut typiquement :

  • Les dommages aux biens immobiliers et mobiliers (incendie, dégât des eaux, bris de glace, catastrophes naturelles).
  • Le vol et le vandalisme.
  • La perte d’exploitation consécutive à un sinistre, c’est-à-dire la compensation du chiffre d’affaires perdu pendant la période d’interruption d’activité.

Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde. La garantie perte d’exploitation est systématiquement sous-souscrite, souvent parce qu’elle alourdit la prime. Pourtant, un incendie qui paralyse votre activité pendant trois mois peut être fatal à une PME, même si le bâtiment est remboursé. Le remboursement des murs ne paie pas vos salariés ni vos fournisseurs.

Les risques liés à la responsabilité civile

Toute entreprise peut causer un préjudice à un tiers : un client qui chute dans vos locaux, un produit défectueux qui provoque des dommages, une prestation mal exécutée. La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est incontournable, et obligatoire dans certains secteurs comme le bâtiment, les professions médicales ou juridiques.

Attention à ne pas confondre plusieurs garanties qui coexistent sous cette grande famille :

  • La RC exploitation couvre les dommages causés dans le cadre de votre activité courante, indépendamment de votre prestation (un client qui se blesse en visitant votre atelier, par exemple).
  • La RC après livraison ou après travaux couvre les dommages survenus après que vous avez livré un produit ou terminé une prestation.
  • La RC professionnelle au sens strict couvre les erreurs, omissions ou fautes commises dans l’exécution de votre mission. Elle concerne particulièrement les professions de conseil, d’audit ou d’ingénierie.

Si vous exercez une activité de conseil, de gestion ou d’expertise, la RC Pro n’est pas une option. Une erreur de recommandation qui coûte cher à un client peut se transformer en litige à six chiffres. Et sans assurance, c’est votre patrimoine professionnel qui répond en premier.

Les risques liés aux personnes

Vos collaborateurs sont votre actif le plus précieux (formule convenue, mais vraie). Un accident du travail, une maladie grave, une incapacité prolongée : ces événements ont un impact humain évident, mais aussi financier pour l’entreprise.

La prévoyance collective est obligatoire pour les salariés cadres, en application de la Convention Collective Nationale des cadres du 14 mars 1947, reprise par l’ANI du 17 novembre 2017. Cette obligation porte a minima sur une cotisation patronale de 1,50 % de la tranche de salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale, affectée en priorité à la couverture du risque décès. Les garanties maintien de salaire et invalidité sont fortement recommandées mais relèvent souvent de la convention collective de branche ou du choix de l’employeur.

Deux autres garanties méritent votre attention :

  • L’assurance homme-clé : si votre activité repose fortement sur un profil particulier (le dirigeant, un expert rare, un commercial qui génère 60 % du CA), son absence prolongée peut déstabiliser toute la structure. Cette assurance verse un capital à l’entreprise en cas de décès ou d’invalidité de la personne assurée, pour couvrir le temps de la réorganisation.
  • La garantie accident du travail et maladie professionnelle : en France, les cotisations AT/MP sont obligatoires pour les salariés et gérées via l’URSSAF, mais les dirigeants non-salariés doivent souscrire une couverture spécifique s’ils veulent être protégés.

Les risques liés à la cyber-sécurité

Celui-là, on l’aurait mis en bas de liste il y a dix ans. Aujourd’hui, il est devenu prioritaire pour à peu près toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Les PME représentent une cible de choix pour les cyberattaques précisément parce qu’elles sont moins bien protégées que les grandes entreprises, et suffisamment riches pour être rentables.

Une attaque par ransomware (logiciel qui chiffre vos données et réclame une rançon pour les débloquer) peut paralyser une entreprise en quelques heures. Sans sauvegarde solide et sans assurance cyber, les conséquences sont souvent dévastatrices : perte de données, arrêt d’activité, atteinte à la réputation, voire obligation légale de notifier vos clients d’une fuite de données personnelles.

L’assurance cyber couvre typiquement :

  • Les frais de remise en état des systèmes informatiques.
  • La perte d’exploitation liée à l’interruption des systèmes.
  • Les frais juridiques et de notification en cas de violation de données personnelles (obligation RGPD).
  • La gestion de crise et l’assistance technique d’urgence.

Le marché de l’assurance cyber s’est beaucoup structuré ces cinq dernières années. Les primes ont augmenté, les questionnaires de souscription sont devenus plus exigeants, et les assureurs demandent désormais des preuves de vos mesures de sécurité avant de couvrir. C’est une bonne nouvelle : ça pousse les entreprises à mieux se protéger.

types de risques à assurer en entreprise

Les risques liés aux véhicules et au transport

Si votre entreprise dispose d’un ou plusieurs véhicules, l’assurance auto professionnelle est obligatoire, comme pour n’importe quel particulier. Mais la couverture doit être adaptée à l’usage professionnel, qui est souvent plus intensif et implique des tiers (marchandises transportées, clients véhiculés).

Pensez aussi à la garantie marchandises transportées si vous expédiez des biens à forte valeur. Une palette de produits endommagée lors d’un transport n’est pas automatiquement couverte par l’assurance du transporteur, dont la responsabilité est plafonnée par la loi.

Les risques liés aux dirigeants

Un angle souvent oublié. La responsabilité civile des dirigeants (RC dirigeant ou assurance D&O pour Directors & Officers) protège le dirigeant personnellement en cas de faute de gestion engageant sa responsabilité. En France, un dirigeant peut être poursuivi personnellement par des actionnaires, des créanciers ou même des salariés pour des décisions prises dans l’exercice de ses fonctions.

Ce type d’assurance prend en charge les frais de défense juridique et les éventuelles condamnations pécuniaires dans la limite des plafonds du contrat. Elle est encore peu répandue dans les TPE et PME françaises, alors qu’elle est quasi systématique dans les grands groupes et dans les entreprises anglo-saxonnes. C’est un angle mort à corriger.

Ce qu’il faut retenir

Les types de risques à assurer pour une entreprise ne se limitent pas à la multirisque et à la RC Pro, même si ce sont les deux piliers de base. Les risques cyber, les risques liés aux personnes clés, et la responsabilité des dirigeants sont des angles morts fréquents qui peuvent avoir des conséquences sévères. Comme on l’évoquait en introduction : l’assurance est rarement prioritaire quand tout va bien. C’est pourtant là qu’elle se souscrit le mieux, avant que le sinistre ne soit déjà là.