Comment déclarer ses revenus boursiers aux impôts ?

Fabien

déclarer aux impôts les revenus boursiers

La déclaration des revenus boursiers, c’est le moment de l’année où beaucoup d’investisseurs particuliers regardent leur formulaire 2042 avec l’expression de quelqu’un qui reçoit un document en suédois. Les cases se multiplient, les abréviations s’accumulent, et l’inquiétude de se tromper (en payant trop ou pas assez) est bien réelle. Bonne nouvelle : une fois que vous avez compris la logique, les revenus boursiers ne sont pas si compliqués à déclarer. Voici le guide pratique pour la déclaration 2026, avec les bonnes cases et les erreurs à éviter.

Le point de départ : l’Imprimé Fiscal Unique (IFU)

Si vous investissez via un courtier français (Boursorama, Bourse Direct, Fortuneo, Trade Republic…), vous recevez chaque année un IFU (Imprimé Fiscal Unique), généralement disponible dans votre espace client entre janvier et mars. Ce document récapitule l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année écoulée : dividendes perçus, intérêts, plus-values réalisées, et montants déjà prélevés à la source.

L’IFU est normalement pré-rempli automatiquement dans votre déclaration de revenus en ligne sur impots.gouv.fr. Vérifiez-le quand même : des erreurs ou des omissions arrivent, surtout si vous avez eu plusieurs courtiers dans l’année ou des mouvements inhabituels. Si vous utilisez un courtier étranger (Interactive Brokers, eToro, DEGIRO avec compte ouvert hors France), vous devrez renseigner vous-même les montants à partir des relevés que vous aurez téléchargés.

La structure de la déclaration : quel formulaire pour quoi ?

Tout se passe principalement sur le formulaire 2042, dans la section « Revenus de capitaux mobiliers » et « Plus-values de cession de valeurs mobilières ». Pour les situations complexes (nombreuses transactions, moins-values à imputer sur plusieurs années, opérations en report d’imposition), un formulaire 2074 complémentaire peut être nécessaire.

Les dividendes : quelles cases remplir ?

Les dividendes que vous avez perçus sur un compte-titres ordinaire (CTO) en 2025 doivent être déclarés dans votre déclaration déposée en 2026. Voici les cases clés :

  • Case 2DC : le montant brut des dividendes d’actions françaises et européennes (ceux qui sont éligibles à l’abattement de 40 % en cas d’option pour le barème progressif). C’est la case principale pour vos dividendes classiques.
  • Case 2TS : dividendes d’actions hors Union Européenne (non éligibles à l’abattement de 40 %).
  • Case 2CK : le montant de l’acompte d’IR de 12,8 % qui a déjà été prélevé à la source par votre courtier au moment du versement des dividendes. Cette case est indispensable pour éviter la double imposition : l’administration l’impute sur votre impôt final dû.

Ne jamais déclarer vos dividendes dans la section « Traitements et salaires » (cases 1AJ à 1DJ). C’est une erreur fréquente chez les nouveaux investisseurs qui paniquent face aux formulaires et glissent leurs revenus boursiers au mauvais endroit.

Les intérêts : une case différente

Les intérêts perçus (obligations, comptes à terme, intérêts sur trésorerie non investie rémunérée par certains courtiers comme Interactive Brokers ou Trade Republic) vont en case 2TR. Ces intérêts ne bénéficient pas de l’abattement de 40 %, contrairement aux dividendes d’actions.

Les plus-values boursières

Seules les plus-values réalisées (c’est-à-dire sur des positions que vous avez effectivement vendues dans l’année) sont imposables. Les plus-values latentes sur des positions encore ouvertes ne sont pas à déclarer.

  • Case 3VG : plus-values nettes imposables (après imputation des moins-values de la même année). C’est votre solde net de cessions : gains moins pertes sur l’ensemble de l’année.
  • Case 3VH : si vous avez des moins-values des années précédentes non encore imputées, elles sont reportées ici. Les moins-values boursières sont reportables sur 10 ans.

Exemple concret : vous avez réalisé 3 000 euros de plus-values sur des ventes d’ETF en 2025, et 800 euros de moins-values sur une action vendue à perte. Votre solde net est de 2 200 euros, que vous déclarez en case 3VG.

déclaration des revenus boursiers

PEA et assurance-vie : des règles spécifiques

Le PEA

Tant que vous ne faites aucun retrait de votre PEA, vous n’avez rien à déclarer. Les dividendes réinvestis à l’intérieur du plan, les plus-values réalisées lors d’arbitrages internes : tout reste dans l’enveloppe sans générer de déclaration fiscale. C’est le principal avantage de cette enveloppe.

En cas de retrait après 5 ans de détention du PEA, seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % sont dus sur les gains. L’impôt sur le revenu est totalement exonéré. Ce montant doit être renseigné dans votre déclaration, mais il est généralement pré-rempli par votre établissement financier.

En cas de retrait avant 5 ans, la clôture du PEA est obligatoire et les gains subissent le PFU complet à 31,4 %.

L’assurance-vie

Tant que vous ne faites pas de rachat (retrait), rien n’est à déclarer. En cas de rachat, seule la part des intérêts (gains) est imposable, et non le capital remboursé. Après 8 ans de détention, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains rachetés.

PFU ou barème progressif : le choix à faire chaque année

Par défaut, tous vos revenus boursiers (dividendes, intérêts, plus-values) subissent le PFU à 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Vous n’avez rien à faire de particulier pour ce régime : c’est l’option par défaut.

Si vous pensez que le barème progressif vous est plus favorable (typiquement si vous êtes dans la tranche à 0 % ou 11 %), cochez la case 2OP. Attention : cette option est globale et irrévocable pour l’année. Elle s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers, pas seulement aux dividendes. Calculez avant de cocher : si vous avez à la fois des dividendes et des plus-values importantes, l’option au barème peut se retourner contre vous.

Les cas particuliers à connaître

  • Comptes chez des courtiers étrangers : si vous détenez un compte chez un courtier non établi en France (Interactive Brokers, Saxo Bank en dehors de la France…), vous devez déclarer ce compte à la DGFiP via le formulaire 3916. Oublier cette déclaration est une infraction passible d’une amende de 1 500 euros par compte non déclaré, voire plus en cas de compte dans un État non coopératif.
  • Dividendes d’ETF distribuants : traités exactement comme des dividendes d’actions classiques. Ils vont en case 2DC pour les ETF domiciliés dans l’UE.
  • Retenue à la source étrangère : si vous percevez des dividendes d’actions américaines, une retenue à la source de 15 % (ou 30 % si votre courtier n’a pas rempli le formulaire W-8BEN) est prélevée. Cette retenue peut en partie s’imputer sur votre impôt français grâce aux conventions fiscales. Vérifiez votre IFU : certains courtiers indiquent cette information, d’autres non.

Ce qu’il faut retenir

Déclarer ses revenus boursiers repose sur quelques cases essentielles du formulaire 2042 : case 2DC pour les dividendes bruts d’actions françaises et UE, case 2CK pour l’acompte d’IR déjà prélevé à la source (12,8 %), case 2TR pour les intérêts, et case 3VG pour les plus-values nettes réalisées sur CTO. Le PEA ne génère aucune déclaration tant qu’il n’y a pas de retrait. Par défaut, le PFU à 31,4 % s’applique depuis 2026 ; l’option pour le barème progressif se coche en case 2OP et s’applique globalement à toute l’année. Si vous avez un compte chez un courtier étranger, le formulaire 3916 est obligatoire sous peine d’amende. Et la première chose à faire avant toute déclaration : récupérer votre IFU et vérifier les cases pré-remplies avant de valider.